Dragouli : L 'annuaire des communes de Corse
Découvrez la Corse authentique, son actualité, ses traditions, ses légendes, ses paysages, ses loisirs, ses produits locaux, ses hébergements... Et si vous désirez passer vos vacances en Corse, faites-vous d'abord une petite idée en visitant ce site. Il vous donne des informations historiques et touristiques sur plusieurs villages. Et toujours des nouvelles...le forum...

 Les nomades

Remonter

Aiti - Au milieu d'une dense végétation où l'arbousier la commune vous tend gracieusement ses fruits..
Altiani - Une poignée d'habitants a décidé de s'unir pour imprimer une nouvelle dynamique à leur village.
Bustanico - Un havre de paix délaissé par les itinéraires touristique
Campile - Toute une série de réalisations témoigne de l'élan retrouvé d'une commune décidée à rattraper le temps perdu.
Castellare-di-Mercuriu - Agréable village avec beaucoup de caractère dans un environnement sauvage.
Castifau - Le couvent de Caccia, véritable lieu de mémoire.
Castiglione - Castiglione retrouve ses aiguilles..

Erbajolo - Une situation géographique qui donne à la commune une vocation de carrefour.

Moïta - Le village s'ouvre sur l'art et le tourisme.
Muro - Cette commune au riche patrimoine a fait de la réhabilitation du bâti ancien son véritable credo.
Piedicorte di Caggio - De cinq cents habitants à cent trente, il y une sacrée différence.
Pietraserena - Visite inaugurale des appartements communaux réalisés dans l'ancien presbytère.
Riventosa - Les objectifs de la municipalité.
Rusio - Il fait bon se reposer à l'ombre des tilleuls ou de ta vigne grimpante, est également réputé pour sa farine de châtaigne.
Soveria - Une deuxième jeunesse.
Tralonca - L'âme du centre Corse.

Sant'Andria - Attirer de nouveaux habitants par le confort et la qualité de vie.

Santa Lucia di Mercoriu - La commune met tous les atouts de son côté pour se revivifier.
Zalana - Réunion du conseil d'administration de l'association pour la sauvegarde des deux églises.
Zuani - Fondé en 771 par des habitants de Rome fuyant les assauts des Lombards sur l'antique cité.
 
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- Septembre 2007 - Une véritable mission de service public pour les marchands ambulants. (Corse Matin. I.B.)
(Ph.I.B.)Dans le petit village d’Aïti, l’été touche à sa fin. Cependant il est des choses immuables. En effet, été comme hiver, les habitants ont la visite régulière des marchands ambulants. Plus que de simples commerçants, i!s sont devenus les "traits d’union" entre les diverses communes de Vallerustie. Un habitant du village se souvient qu’anciennement c’était le facteur Antoine Angeli, originaire de la région, qui permettait les échanges en annonçant, par exemple, les naissances dans les autres villages. Depuis son départ à la retraite, les marchands s'acquittent volontiers de cette tâche.
Par ailleurs, hormis l’aspect convivial, la trentaine de résidants permanents apprécient le côté pratique de l’entreprise. Chantal Angeli vit à Aïti toute l’année. Ne travaillant plus, a contrario de son mari, elle a le plaisir de voir arriver son pain tous les matins sans avoir à se déplacer en ville, de même pour le poisson livré tous les vendredis. "Il est intéressant de remarquer que le poissonnier est d’autant plus important que Ponte-Leccia n’a pas de poissonnerie et le supermarché n'est pas approvisionné en poisson frais, on est donc privilégiés".(Ph.I.B.)
Privilégiés d’un côté mais pas d’un autre. Les services publics n’ont pas élu domicile à Aïti et l’école a disparu il y a longtemps, ces "représentants urbains" sont donc un contact avec l’extérieur. "Même si les produits sont à peine un peu plus chers qu’au supermarché il est à noter que la qualité est nettement supérieure,nous sommes ravis d’avoir des légumes et de la viande de qualité", souligne
Mme Angeli.
C’est ainsi que tout au long de l’année, les commerçants venus de Ponte-Leccia, Corte ou Bastia sillonnent les routes jusqu’à Aïti pour y apporter leurs marchandises très appréciées
mais également, et surtout, chaleur et sourires.

Chaque jour, l'arrivée d'Alexandre Tramini dans un village ou un hameau est un moment de trés grande convivialité.(photo Christian Buffa)- Fevrier 2007 - Le boulanger ambulant de la Castagniccia - (La Corse. Karen Filippini)
 En toute saison, Alexandre Tramini quitte son domicile à 4 heures du matin pour prendre livraison du pain qu'il apporte dans quelque quarante villages et hameaux de la micro-région. Il fait le bonheur des habitants.
M
algré le froid et la neige de l'hiver, tous les jours, Alexandre Tramini s'emploie au même rituel. Aux aurores, après avoir chargé son camion de pain croustillant, il prend la route en direction de l'Ampugnani. Son métier, boulanger ambulant pour certain ou tragulinu pour les autres. Bien plus qu'un simple vendeur de denrées, il est un frein à la désertification de nos villages : "Si l'on ne faisait pas cela nos villages mourraient les uns après les autres. Ce n'est pas un secret que de dire qu'ils se vident de plus en plus. L'été ils sont animés mais les hivers sont très rudes, les communes sont désertées. J'ai vu, au cours des dix dernières années, Piedicroce se vider de sa population avec aujourd'hui seulement une vingtaine d'habitants durant la saison froide!" .
 
D'un naturel plutôt chaleureux et enthousiaste, notre tragulinu arpente les routes sinueuses de la Castagniccia, au mépris du verglas, depuis près de dix ans. Campile, Ortiporio, Penta-Acquatella, L'Orezza avec Prunu, Scatta au total une quarantaine de village et hameaux et de moins en moins de clients, parfois des amis, qui attendent ce rendez-vous comme une façon de se retrouver avec quelques bons mots. Outre la livraison principale, celle du pain, notre boulanger ambulant endosse la casquette de messager avec la presse quotidienne et en rendant de multiples services pour tous : "Le jour où nous arrêterons qui va porter le pain frais, les commissions et les journaux ? Les journées sont très dures, après avoir chargé, dès 4 heures du matin, mon pain frais chez les frères Angeli, boulangers pâtissiers en plaine orientale, je débute mes tournées jusqu'à 13 heures l'hiver et 16 heures l'été. Le verglas et la neige nous immobilisent, parfois, en des lieux isolés. Pire encore, le froid casse nos véhicules. Mon épouse Sandrine est aussi sur les routes et nous mettons un point d'honneur à respecter nos engagements. Nous sommes toujours présent au rendez-vous et ponctuels!" .
 Alexandre Tramini, n'est pas seulement un sourire, une compagnie agréable, il est parfois l'unique visite de la journée et il lui arrive souvent de se rendre dans de petits hameaux quasi déserts juste pour livrer deux baguettes. Il témoigne de la santé fragile de nos anciens parfois trop âgés pour venir jusqu'au fourgon! Bref cet homme-là est d'utilité publique! Celui sans qui la vie des villages pourrait bien se figer définitivement est soutenu. Tous lui témoignent un grand attachement, leur avis est unanime : "Heureusement que nous l'avons, nous avons besoin de lui! C'est un amour de boulanger. Nous sommes très bien servi, il est très agréable et honnête. Lorsque nous sommes dans la neige, ce qui arrive souvent, nous ne manquons jamais de pain" confie Huguette l'une de ses fidèles clientes. Quant à Marie, l'épicière de La Porta, elle l'attend de pied ferme tous les ,matins : "Il y a des personnes âgées qui ne peuvent pas sortir, alors je prends les commandes et notre boulanger nous les porte tous les matins. Il a de l'humour et il est toujours attentif aux besoins de chacun. Des tartes aux herbes, des gâteaux, des pains au chocolat et des fougasses délicieuses au pied de la maison. Voilà qui nous permet d'entamer la journée avec un meilleur moral et ce repère de la journée est inestimable" . Annie, cliente de notre boulanger ambulant, chez qui il s'arrête parfois pour déguster un bon café chaud et récolter quelques nouvelles, insiste sur le rôle social du tragulinu : "Heureusement que nous l'avons, il est sérieux et poli. Il nous porte le pain, le journal, il rend service sans compter; il nous porte même du fromage. Nous voulons surtout le garder, nous en avons besoin! Ce couple a vraiment du mérite et du courage!" .

 
Originaire de Ficaja, toujours en Castagniccia, Alexandre Tramini va quitter son village très jeune avec dans ses bagages ses souvenirs d'enfance parmi eux celui de la musique du klaxon du tragulinu qui le réveillait tous les matins! Après avoir été inspecteur principal d'une compagnie d'assurance il va s'installer à Paris durant plusieurs années et fréquenter le monde la nuit, il sera d'ailleurs à la tête d'une discothèque de la capitale. De retour en Corse il va se lancer dans la restauration en ouvrant l'établissement "Le Littoral" en plaine orientale : "J'ai fais un peu tous les métiers avant d'ouvrir mon restaurant puis j'ai divorcé et cette expérience commerciale a pris fin avec ma première vie matrimoniale. J'ai ensuite tenté de me lancer dans l'élevage de volaille, en vain, car le contexte économique local ne se prêtait pas à un type de production ciblé" . Mais la mélodie du tragulinu résonnait toujours dans sa tête, en 1998, lorsqu'il décida de devenir le personnage décrit par l'artiste : "Antoine Ciosi chante une bien belle chanson et ce qu'il dit est vrai mais il pourra ajouter, bientôt, un couplet évoquant la vie de ces commerçants ambulants face à une disparition programmée. Il utilisera, alors, le passé pour conjuguer ses verbes et c'est pour cela qu'il faut entendre nos doléances avant qu'il ne soit trop tard" .

L'épicier - Dans les petits villages, le rôle du marchand ambulant est primordial. Portrait de l'un d'eux, Stéphane Casanova.
 Le camion blanc s'immobilise, s'ouvre sur le côté, pour laisser apparaître son ventre gorgé de trésors  alimentaires. Coup de klaxon. Une habitante de Castirla sort de chez elle, un cabas à la main. La conversation s'engage alors, conviviale.
 Région de Castirla, Bozio, Omessa, canton de Saint-Laurent... A force de sillonner les villages depuis 12 ans, Stéphane Casanova a fait de ses clients des amis. En face de lui, la dame est une habituée. Toutes les semaines, elle se ravitaille chez Stéphane. Même si en voiture, elle est à 5 minutes de Corte et de ses magasins d'alimentation.
 Beaucoup de clients apprécient la convivialité de cette vente à domicile. Le rendez-vous hebdomadaire autour du camion se transforme souvent en forum de discussions. "Les gens se retrouvent  et discutent de ce qui se passe dans le village."
 Certains habitants, enfin, n'ont pas la possibilité de se déplacer. Pour eux, le passage du marchand ambulant n'est pas seulement une visite agréable ,mais bien une nécessité première.
 Service :un mot clé pour ce commerce de proximité. "Mon rôle est plus important l'hiver que l'été, reconnaît Stéphane. En hiver, je dessers les villages où je n'ai que deux clients, généralement assez âgés."Le dépeuplement des villages a parfois contraint Stéphane à annuler des tournées. "Il y a cinq ans, j'ai dû abandonner un village parce que j'avais perdu tous mes clients".
 Une clientèle qui n'augmente pas, des charges importantes: des contraintes auxquelles Stéphane doit faire face. Pourtant, le commerçant est attaché à son activité. "C'est un métier agréable, estime-t-il. La flexibilité de l'emploi du temps est un avantage non négligeable. "Je n'ai pas vraiment d'horaires, contrairement aux boulangers ambulants. C'est cette liberté qui est intéressante. Une liberté que ne lui permettrait pas, par exemple, une épicerie fixe.
 La semaine de travail de Stéphane dépend de la saison : quatre jours et demi en hiver, six jours l'été, quand les villages sont les plus peuplés. Les vacances se résument à deux périodes d'une semaine de congés par an : "On peut laisser les clients pendant une semaine, mais pas plus!", affirme Stéphane. La cliente a rempli son cabas. "Allez, à mardi prochain !" Le camion blanc referme son ventre, et repart. La tournée continue.


L'heure du boucher - Jean-Charles Taddei fait partie de ces jeunes "Buzinchi" qui ont fait le pari de vivre et de travailler dans la région qui les a vus grandir.
Fixé à Bustanico, Jean-Charles a repris, avec le soutien de ses frères, la boucherie-charcuterie familiale. Ses produits, il les distribue sur l'ensemble du Boziu où sa tournée est devenue un rendez-vous auquel la population est habituée, tout désireux de goûter et d'emporter les spécialités locales.
Nos villages de l'intérieur souffrent de la désertification. Et s'il est une région frappée de plein fouet par ce phénomène, c'est bien le Boziu. Cependant ils sont quelques jeunes originaires de la région qui ont envie de se battre et qui tentent de redonner un peu de vie à leur canton. Jean-Charles Taddei, boucher à Bustanicu, est de ceux-là.
 Durant 60 ans, son père Jean-Paul a exercé cette activité et, pour rien au monde, Jean-Charles n'aurait souhaité voir disparaître l'entreprise familiale. Il s'est ainsi associé à son frère Joseph afin de poursuivre l'œuvre de son père. Ce dernier accompagne ses fils dans leurs tâches. Il les conseille dans la manière d'élever le bétail et surtout les accompagne dans la fabrication de la charcuterie: "Nous suivons avec attention les conseils de notre père," nous confie Jean-Charles", pour proposer à la vente un produit de qualité, fabriqué selon des méthodes ancestrales".
 Si Joseph et son père sont chargés de l'élevage et de l'abattage des bêtes, Jean-Charles pour sa part, sillonne les routes, du canton et assure parfaitement son rôle de "tragulinu". Il effectue tous les jours une tournée différente qui le mène de Zalana à Pianello, en passant par Pancheraccia, tout le Boziu et également Francardo et sa région. On retrouve également Jean-Charles le vendredi sur le parking municipal de Corte à l'occasion du traditionnel marché.
 Jean-Charles Taddei ne propose à la vente qu'une qualité de viande: une viande corse issue d'élevages traditionnels. Outre leurs propres bovins et porcins, la famille Taddei achète également quelques têtes de bétails auprès des éleveurs du canton de Bustanicu: "Nous ne voulons surtout pas tricher avec notre clientèle..." ajoute Jean-Charles, qui poursuit, "d'ailleurs les clients me sont fidèles depuis 10 ans, date à laquelle j'ai commencé mes tournées".
 Jean-Charles Taddei prend beaucoup de plaisir à effectuer sa tournée. Il sait qu'il est attendu avec impatience par sa clientèle avec qui il entretient aujourd'hui des relations davantage basées sur l'amitié: "Il est vrai que je connais tout le monde à présent. Je ne suis plus le boucher, mais Jean-Charles. Un ami qui rend également service aux anciens de nos villages. Je les dépanne en argent liquide afin de leur éviter d'aller en ville par exemple. Ou encore j'ai dans mon fourgon frigorifique quelques produits frais comme du lait, du beurre, des pâtes fraîches et des yaourts. On en a toujours besoin dans nos villages..."
 Jean-Charles est en fait un personnage incontournable dans cette région difficile et austère. Il y apporte sa joie de vivre, sa bonne humeur et son sourire.
 Et lorsque, pour une raison ou pour une autre, il doit annuler un déplacement, la vie dans un village s'en trouve perturbée.

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