Dragouli : L 'annuaire des communes de Corse
Découvrez la Corse authentique, son actualité, ses traditions, ses légendes, ses paysages, ses loisirs, ses produits locaux, ses hébergements... Et si vous désirez passer vos vacances en Corse, faites-vous d'abord une petite idée en visitant ce site. Il vous donne des informations historiques et touristiques sur plusieurs villages. Et toujours des nouvelles...le forum...

 Historiens

Remonter

Aiti - Au milieu d'une dense végétation où l'arbousier la commune vous tend gracieusement ses fruits..
Altiani - Une poignée d'habitants a décidé de s'unir pour imprimer une nouvelle dynamique à leur village.
Bustanico - Un havre de paix délaissé par les itinéraires touristique
Campile - Toute une série de réalisations témoigne de l'élan retrouvé d'une commune décidée à rattraper le temps perdu.
Castellare-di-Mercuriu - Agréable village avec beaucoup de caractère dans un environnement sauvage.
Castifau - Le couvent de Caccia, véritable lieu de mémoire.
Castiglione - Castiglione retrouve ses aiguilles..

Erbajolo - Une situation géographique qui donne à la commune une vocation de carrefour.

Moïta - Le village s'ouvre sur l'art et le tourisme.
Muro - Cette commune au riche patrimoine a fait de la réhabilitation du bâti ancien son véritable credo.
Piedicorte di Caggio - De cinq cents habitants à cent trente, il y une sacrée différence.
Pietraserena - Visite inaugurale des appartements communaux réalisés dans l'ancien presbytère.
Riventosa - Les objectifs de la municipalité.
Rusio - Il fait bon se reposer à l'ombre des tilleuls ou de ta vigne grimpante, est également réputé pour sa farine de châtaigne.
Soveria - Une deuxième jeunesse.
Tralonca - L'âme du centre Corse.

Sant'Andria - Attirer de nouveaux habitants par le confort et la qualité de vie.

Santa Lucia di Mercoriu - La commune met tous les atouts de son côté pour se revivifier.
Zalana - Réunion du conseil d'administration de l'association pour la sauvegarde des deux églises.
Zuani - Fondé en 771 par des habitants de Rome fuyant les assauts des Lombards sur l'antique cité.
 
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Novembre 2006 - Enseignant, chercheur, écrivain: L 'historien, ce gardien de la mémoire. (La Corse. Noël Kruslin)
Hommes d'archives, adeptes du décryptage, de l'écriture et de la lecture du passé, leurs travaux sont guidés par une idée fixe: la quête permanente des bonnes clés de notre histoire. Comment parviennent-ils à les trouver ? Témoignages croisés et conjugués... à tous les temps.
Certains d'entre eux nous diront qu'ils n'étaient pas vraiment doués pour les matières scientifiques. C'était il y a très longtemps, bien avant de découvrir que l'histoire, ce grand champ disciplinaire qu'ils cultivent à souhait, ne pouvait s'abstraire de l'approche scientifique. Ils confessent une fascination. Celle que les générations passées ont exercée sur eux, comme les personnages les plus illustres au coeur d'une histoire jalonnée de batailles, de bruit et de fureur. Historiens, ils le sont devenus. Avec le temps. Ce temps devenu le compagnon fidèle de leurs nuits blanches. Fidèle mais souvent insaisissable, fuyant, élément incontournable mais toujours révélateur de la grande. complexité d'une tâche. Entre passé et présent, l'historien s'efforce de trouver la juste mesure. "Nous ne pouvons lire l'histoire comme il y a vingt ans, parce que le monde a évolué, souligne Antoine-Marie Graziani, professeur à l'IUFM et spécialiste de l'époque moderne. L'historien doit obligatoirement penser à son présent". L'auteur de "Pascal Paoli" (Paru aux Éditions Taillandier) n'a pas manqué de prendre en compte ce principe dans la rédaction de son ouvrage. "Parce que les mesures que prenaient Paoli étaient extrêmement modernes: Créer et renouveler les élites en ouvrant une université par exemple, Il réfléchissait beaucoup aussi, à la gestion de la démocratie, la durée des mandats. Nous avons hérité de ces questions". Ne pas se couper des époques, resituer l'analyse dans un contexte, les règles d'or pour appréhender la dimension temporelle autant que faire se peut.
 L' esprit scientifique au plus près du texte Aucun historien ne contestera l'histoire en tant que science humaine. "Celle qui sait faire place à la pensée subjective", confie Antoine-Marie Graziani. Jean Cancellieri va jusqu'à considérer "la part légitime d'imagination que les plus grands historiens tels que Jules Michelet ou encore Georges Duby n'ont jamais négligée", souligne le médiéviste, professeur à l'Université de Corse, sans oublier les règles intangibles sans lesquelles l'historien "ne peut se jeter à l'eau" : s'armer d'un esprit scientifique dans l'approche de la documentation et du sujet d'études, aller toujours au plus près du texte. L'indispensable corpus au service de la recherche, Antoine-Laurent Serpentini le place au premier rang. "Si tant est que l'on veuille en tirer des enseignements valables", ajoute le professeur, directeur du département histoire à l'Université de Corse. Ils parlent volontiers de règles, calculs, comparaisons, travail sur les hypothèses, de techniques à acquérir, d'un travail de bénédictin auquel il convient de s'habituer. Mais les historiens ont aussi chacun leurs méthodes, des préoccupations qui leur sont propres, des idées qu'ils jugent intéressantes pour donner à l'histoire tout son rayonnement, et qui forgent leurs identités respectives.
 Le médiéviste a un problème à résoudre: l'obstacle d'une documentation écrite moins abondante par rapport à d'autres périodes. D'où l'intérêt, pour Jean Cancellieri, "de ne pas s'enfermer dans une tour d'ivoire de l'érudition. Bien au contraire, se montrer hospitalier vis-à-vis d'autres formes d'histoire. Sur le Moyen-âge, nous ne pouvons ignorer l'importance que prend l'archéologie. Celle-ci ouvre de plus en plus de fenêtres sur le passé. Il faut mordre, considérer les fouilles en scientifique pour réaliser mieux encore ce but de l'histoire qu'est la synthèse". L'époque moderne en revanche, n'est pas confrontée à la pénurie de sources écrites. "Je dirais même qu'elles demeurent largement inexploitées", regrette Antoine-Marie Graziani, considérant cette base documentaire comme la pierre angulaire d'une démarche en trois temps: recherche, publication, communication. "On peut toujours écrire des livres ou publier un article de temps en temps dans une revue spécialisée, mais aujourd'hui, il ne s'agit que de l'un des nombreux moyens de faire de l'histoire. Personnellement, je participe toujours très volontiers à la réalisation de documentaires, à des émissions télé ou radio, tout en donnant des conférences". Très attaché lui aussi au caractère indissociable de la recherche et de la publication, Antoine-Laurent Serpentini a dirigé la préparation du "Dictionnaire historique de la Corse » (Paru aux Editions Albiana) avec ce même objectif: ouvrir davantage l'histoire. Mais dans son travail au quotidien, il se pose plus que jamais en moderniste adepte de l'histoire quantitative. Une orientation qui remonte à sa thèse de doctorat soutenue devant un jury présidé par Pierre Chaunu, l'un des maîtres mondiaux en la matière. Depuis lors, Antoine-Laurent Serpentini compte, pèse, mesure, travaille sur des milliers d'exemples pour parvenir à des résultats difficilement contestables. Dans cette optique, il se plonge dans les registres notariés pour étudier les achats, ventes, prêts, testaments, contrats de mariage, etc.
 "En multipliant les études de ces documents à l'échelle d'une monographie villageoise ou pievane, on parvient à reconstituer la Corse d'autrefois. Cette source s'impose de plus en plus comme une base de travail au-delà de la correspondance et des écrits de chroniqueurs. Elle est d'autant plus précieuse qu'elle représente une documentation neutre et surveillée par l'administration". Le procédé semble faire ses preuves bien au-delà de l'accumulation des connaissances, jusqu'à bousculer bien des idées reçues. Antoine-Laurent Serpentini en a fait l'expérience. "Si je vous disais qu'en 1770, à Bonifacio, on pratiquait la limitation des naissances après le deuxième enfant. J'ai fait cette déduction en étudiant près de 25000 actes de naissances, mariages et décès. On en tire un enseignement considérable: sur les choses essentielles, la Corse n'était pas aussi archaïque qu'on le prétend. Un autre exemple : on a souvent avancé le chiffre de 900 meurtres par an au XVIIe siècle. C'est faux, j'ai démontré le contraire dans un article récent après avoir fouillé dans les archives de Gênes et e épluché les rapports des gouverneurs qui donnaient le détail de ces meurtres d'une année sur l'autre". De cette Corse génoise, temps fort de l'histoire insulaire au point de laisser croire à l'historien qu'il a fait le tour de la question, Antoine-Marie Graziani y trouve encore matière à réflexion. "A l'occasion d'un récent débat, j'ai démontré la faiblesse d'une argumentation accréditant la thèse d'une Corse présentée comme une colonie génoise". L'historien démonte à l'envi ces mécanismes sans oublier l'incessante remise en question dont la recherche combattra toujours une histoire figée. "Dans vingt ans, quelqu'un démontrera peut-être que j'ai tort", concède Antoine-Marie Graziani. "Il y a encore tant de choses à vérifier, à quantifier, à préciser à partir de documents qui dorment encore dans les archives", ajoute Antoine-Laurent Serpentini.Il accomplit sa recherche dans sa maison de Fuccichja, près de Corte. Antoine-Laurent Serpentini effectue aussi deux à trois déplacements par an sur le continent pour travailler dans les archives. (Photo Jeannot Filippi)
 L'histoire a donc vocation à être passée au crible. Inlassablement. Comme une arme absolue dont l'historien ne peut se passer dans la quête d'une vérité jamais vraiment garantie. Un univers de complexité qui n'en rend pas moins la tâche exaltante. Mais l'histoire a-t-elle aussi ses dérives ? Est-elle guettée par des forces occultes tendant à menacer ce qui fait son essence ? Antoine- Marie Graziani se méfie "des idéologues. Parce que l'histoire ne rentre pas dans des cases. Mais à l'opposé des tenants de cet aspect idéologique, il y a aujourd'hui en Corse un intéressant mélange entre anciens et jeunes, un renouvellement des approches sur les différentes périodes. C'est de bon augure". Remettant sans cesse l'ouvrage sur le métier, les historiens ont toujours des projets. Jean Cancellieri considère qu'il y a encore beaucoup à faire sur le Moyen âge. "Aujourd'hui, je me. propose de travailler sur les représentations mentales de l'époque. Essayer de savoir comment nos ancêtres voyaient leur monde, comment ils se situaient par rapport aux puissances extérieures. La chronique de Giovanni della Grossa n'a pas encore livré tous ses secrets". Antoine-Laurent Serpentini travaille sur le roi Théodore, la correspondance entre Paoli et Choiseul. D'autres ouvrages en perspective à l'instar d'un Antoine-Marie Graziani, boulimique d'écriture, qui voit dans l'histoire de la Corse sous l'angle euro-méditerranéen, un champ d'investigation qui reste à parcourir. "Il y a encore beaucoup à faire pour le regard d'une Corse sur sa propre histoire, souligne le moderniste. Ce regard est intéressant à plus d'un titre. Quand je donne une conférence en ville, j'ai toujours le même auditoire en face de moi. Des individus instruits, cultivés, fidèles à ce genre de rendez-vous. Dans le rural, il y a moins d'érudits, mais toujours beaucoup de gens intéressés par tout ce que l'on peut raconter sur leur terre. Et leur participation est pleine de bon sens". Plus que jamais, l'historien a le sentiment d'être le gardien de la mémoire. Pour la sauvegarde d'une histoire sans fin.

"Assumer notre histoire contemporaine" Didier Rey, historien et maître de conférence à l'Université de Corse regrette la prédominance d'une "histoire officielle" truffée de clichés.
"Force est de constater que la Corse continue à lire son passé immédiat sous l'influence de mythes. Si nous continuons à le faire, nous ne pourrons jamais l'assumer, Dans notre quotidien, en politique,dans l'affirmation et la perception culturelle, nous aurons toujours des problèmes identitaires. Si on ne dépolitise pas l'histoire en la laissant aux historiens, si on persiste à la transformer en Vulgate officielle, on ne s'en sortira pas. Pour ce qui concerne l'histoire de la Corse, il y aurait des travaux à engager et des points à éclairer. Par exemple, les vagues de désertion pendant la première guerre mondiale. Cette guerre a été épouvantable, une abomination au point d'entraîner de nombreuses désertions. Chez les soldats corses comme chez les autres. Pourquoi ne travaille-t-on pas sur ce sujet, sur l'irrédentisme fasciste ou sur la collaboration ? Prenez I'histoire du tourisme et l'exposition du Musée de la Corse. Pourquoi s'arrête-t-elle aux années soixante ? L'essentiel est quand même après. Cette démarche est d'autant plus nécessaire que de nombreux pays ont fait ou font  actuellement leur introspection démocratique : l'Allemagne par rapport au nazisme, les Etats-Unis sur l'esclavage. Des faits autrement plus graves pourtant, avec lesquels des peuples doivent apprendre à vivre. On peut citer aussi ce que fait de manière intéressante la France avec l'Algérie et les anciennes colonie. En ignorant cette dimension, on se fige sur des modèles d'histoire officielle qui donnent lieu à des vérités dites et énoncées à partir de clichés saturés d'idéologie".

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