Dragouli : L 'annuaire des communes de Corse
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 Jean-Pierre Ristori

Remonter

Aiti - Au milieu d'une dense végétation où l'arbousier la commune vous tend gracieusement ses fruits..
Altiani - Une poignée d'habitants a décidé de s'unir pour imprimer une nouvelle dynamique à leur village.
Bustanico - Un havre de paix délaissé par les itinéraires touristique
Campile - Toute une série de réalisations témoigne de l'élan retrouvé d'une commune décidée à rattraper le temps perdu.
Castellare-di-Mercuriu - Agréable village avec beaucoup de caractère dans un environnement sauvage.
Castifau - Le couvent de Caccia, véritable lieu de mémoire.
Castiglione - Castiglione retrouve ses aiguilles..

Erbajolo - Une situation géographique qui donne à la commune une vocation de carrefour.

Moïta - Le village s'ouvre sur l'art et le tourisme.
Muro - Cette commune au riche patrimoine a fait de la réhabilitation du bâti ancien son véritable credo.
Piedicorte di Caggio - De cinq cents habitants à cent trente, il y une sacrée différence.
Pietraserena - Visite inaugurale des appartements communaux réalisés dans l'ancien presbytère.
Riventosa - Les objectifs de la municipalité.
Rusio - Il fait bon se reposer à l'ombre des tilleuls ou de ta vigne grimpante, est également réputé pour sa farine de châtaigne.
Soveria - Une deuxième jeunesse.
Tralonca - L'âme du centre Corse.

Sant'Andria - Attirer de nouveaux habitants par le confort et la qualité de vie.

Santa Lucia di Mercoriu - La commune met tous les atouts de son côté pour se revivifier.
Zalana - Réunion du conseil d'administration de l'association pour la sauvegarde des deux églises.
Zuani - Fondé en 771 par des habitants de Rome fuyant les assauts des Lombards sur l'antique cité.
 
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- Octobre 2001 - L'homme qui respire la poésie (La Corse. Noël KRUSLIN.) - http://pageperso.aol.fr/ristoripueta/ghjuvan-petru.html 
La Corse fourmille aujourd'hui de plumes qui font vivre sa langue. Les plus méconnues ne sont pas les moins talentueuses. Il est presque un anonyme malgré son impressionnante collection de poésies. Rencontre avec celui qui se définit avant tout, comme un "poète d'instinct".

"Vogliu scrive u to nome". Le titre appartient à l'histoire du chant corse. Il a contribué au succès du groupe « Canta u Populu Corsu » dans les années quatre-vingt, passant à la postérité jusqu'à représenter un point d'ancrage dans l'affirmation culturelle et identitaire. Ce texte n'est pourtant pas l'œuvre d'un écrivain de grand renom. Jean-Pierre Ristori l'a écrit sans se douter qu'il allait être enregistré, puis chanté, y compris sur les prestigieuses scènes parisiennes. A l'évidence, ce chant constitue l'exception dans la manière de vivre l'écriture propre à celui que l'on peut qualifier de « parolier de l'ombre ». Quelques vers dévoilés d'un jardin secret dont les plus belles fleurs demeurent encore inconnues de ses proches.

L'héritage "di i Meziornu"
Jean-Pierre Ristori estime qu'il a d'abord hérité du don d'un grand-Père qui improvisait la poésie dans la plus pure tradition insulaire.
"Il s'appelait Jean-Pierre Ristori, comme moi, mais on l'appelait Ghjuvan Petru "di Meziornu", surnom hérité de son père, et devenu celui de notre famille. Une famille de bergers qui conduisaient les troupeaux depuis notre village de Riventosa jusqu'en plaine orientale. J'étais encore un enfant quand mon grand-père a arrêté le Chjami e rispondi. Sa poésie s'est éteinte quand ses trois enfants sont partis à la guerre, et comme il ne savais ni lire ni écrire, il n'a rien laisser".
Mais Jean-Pierre a toujours été sensible aux discours des anciens qui portaient aux nues les talents du "babbone", à tel point qu'il fréquente régulièrement dès l'adolescence, les parcours de transhumance des bergers. "J'étais fasciné par leurs poésies, la nuit quand nous nous retrouvions autour d'une veillée montagnarde, et j'ai fini par m'y mettre moi aussi, tout naturellement".

Poète, jusqu'à la lettre à un ami
Aujourd'hui sexagénaire, Jean-Pierre Ristori a passé trois de ses jeunes années en Algérie. Des obligations militaires qui l'ont éloigné d'une passion avec laquelle il a difficilement renoué à son retour en Corse. "Tout avait changé confit-il. Je me suis rendu compte que l'île avait quelque peu rompu avec sa propre identité, que nous venions de vivre une mutation sociale beaucoup trop rapide. Dès lors, faire la poésie devenait presque une honte". Jean-Pierre ne se détache pas pour autant de l'écriture. La poésie demeure à ses yeux un acte spontané, jusqu'au petit mot écrit à un ami pour lui souhaiter bonne année, ou un bon anniversaire. A sa façon. Mais en plaine orientale où il vit, travaille la terre, élève un troupeau, assume ses responsabilités familiales, Jean-Pierre Ristori se sent un peu isolé rapport aux quelques bastions qui dans l'intérieur de l'île, résistent à la perte des valeurs culturelles. "J'avais pris quelques distances reconnaît-il, mais sans couper définitivement le fil. Puis un jour, j'ai remercié un ami qui m'avait rendu un service, en lui écrivant ma petite lettre en rimes. Il s'agissait de Charles Castellani, un ancien instituteur qui participait à la rédaction du journal "Arriti". "Il m'a répondu pour m'inviter à poursuivre sérieusement l'écriture, me demandant aussi de lui envoyer quelques textes qu'il a par la suite publiés dans Arriti".
Un goût immodéré pour la rime incite donc Jean-Pierre Ristori a garder ce contact presque vital avec la plume. "J'ai toujours aimé m'exprimer en rime, mais j'ai toujours fait la différence entre la rime et la poésie. On peut faire de la poésie sans rime, et de la rime sans poésie. Si on peut avoir les deux, c'est mieux bien sûr". Cette conviction en a forgé une autre, et elle conduit Jean-Pierre Ristori à modérer son enthousiasme par rapport à une pratique du chjami è rispondi tant prisée par ailleurs. "Ce que je vais dire peut paraître prétentieux mais je considère que l'improvisation appauvrit considérablement la rime. Il n'est pas facile de conserver la qualité de celle-ci en faisant durer un chjami è rispondi".

S'ouvrir aux jeunes générations
"Dimula in rima" constituera dans les années quatre-vingts, un hommage à ce mode d'expression. Un recueil d'une cinquantaine de textes que Jean-Pierre Ristori a publié. Mais la modestie de l'auteur, la timidité d'une démarche et les moyens d'édition alors très limités, n'ont pu vraiment donner à ce travail un écho favorable, à l'exception du cercle militant soucieux de sortir de l'ornière. "J'avais l'intention de publier un autre recueil, mais j'ai traîné. Et puis ce genre de démarche n'a jamais été celle qui correspond à ma manière de vivre la poésie. Vous savez, il y a beaucoup de textes qui n'ont jamais existé que dans ma tête. Jamais je ne les ai écrits, et j'ai fini par les perdre".
Malgré une certaine retenue pour l'improvisation en langue corse, Jean-Pierre finit par se rapprocher de ces poètes qui s'inquiètent alors pour la survie de leur art. "Certains me disaient : "Nous sommes de moins en moins nombreux, il faut que tu te joignes à nous ». C'est ce que j'ai fait un soir, à Casevecchje. Je me suis prêté au jeu et j'ai constaté avec plaisir la présence de jeunes assez talentueux. Je me suis dit alors qu'il fallait continuer, ne serait ce que pour contribuer à l'action de sauvegarde et favoriser l'émergence des nouvelles générations".
Que dire sur la famille du chant corse? Elle n'a jamais été trop éloignée de Jean-Pierre Ristori, et ce depuis toujours. C'est le lot de tout poète qui se respecte, y compris le plus discret. Mais à l'exception de l'emblématique "Vogliu scrive u to nome", du titre "U fiume e u mare" figurant dans le tout premier album de A Filetta, et de quelques autres, Jean-Pierre n'a jamais trouvé jusqu'alors la parfaite alchimie entre sa poésie et la quête de ceux qui font vivre le chant. La recherchait-il vraiment? "Dans ce milieu, je connais beaucoup de monde, j'ai donné de nombreux textes à ceux qui m'en demandaient, mais très peu ont été enregistrés. Les raisons sont multiples, mais vous savez, je n'ai jamais pu vraiment écrire sur commande. Je fais de la poésie par instinct. Dernièrement, Matteu Salviani, personnage du chjami è rispondi, nous a quittés. On m'a demandé d'écrire quelque chose pour lui rendre hommage. j'étais gêné, je ne savais pas comment m'y prendre, puis un jour, au retour d'un déplacement en voiture, je me suis mis à écrire ce texte, en vingt minutes, et je l'ai lu le jour des obsèques ».

Une inspiration très ouverte
Autant dire que Jean-Pierre Ristori n'est jamais venu à la poésie. La poésie est venue à lui. Tous les thèmes l'ont inspiré. De l'engagement politique nationaliste à une époque où la revendication vivait des temps forts en même temps que des drames. "En ce temps-là, j'avais tendance à me cloisonner un peu dans cette écriture. Aujourd'hui, j'écrirais sans doute les mêmes choses, mais pas de la même façon, afin de toucher le public le plus large". Jusqu'aux sujets les plus divers, des grands thèmes d'actualités aux faits anecdotiques et anonymes, avec pour dénominateurs communs la nature et l'homme.
Aujourd'hui, le poète s'apprête à nouveau à faire sortir son oeuvre du jardin secret dans lequel il se complaît. A travers une collaboration avec de jeunes chanteurs et de nouveaux groupes qui ont sollicité sa plume, mais aussi et surtout la mise en oeuvre d'un projet qui lui tient à cœur. "Ma famille ne cesse de me répéter qu'il est important de laisser une trace. Je ne voudrais pas qu'ils aient les mêmes regrets que moi par rapport à mon grand-père qui n'a rien laissé". Voilà pourquoi Jean-Pierre Ristori prépare une nouvelle publication. Un recueil de 130 poésies. "Vous vous rendez compte confie-t-il, près de la moitié de ces poésies, ma femme ne les connaît pas".
Un ouvrage qui s'intitulera "Da a riba ventosa", clin d'œil à son village où il aspire à se fixer définitivement après avoir longtemps vécu à Prunete.
Jean-Pierre Ristori veut accomplir ce travail comme un devoir de mémoire, sans pour autant tourner le dos à un monde dans lequel il se sent bien et auquel il rend hommage en préambule dans son ouvrage: "L'anonimi chi scrivenu pè u piacè, et pè u nostru piacè".


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