Dragouli : L 'annuaire des communes de Corse
Découvrez la Corse authentique, son actualité, ses traditions, ses légendes, ses paysages, ses loisirs, ses produits locaux, ses hébergements... Et si vous désirez passer vos vacances en Corse, faites-vous d'abord une petite idée en visitant ce site. Il vous donne des informations historiques et touristiques sur plusieurs villages. Et toujours des nouvelles...le forum...

 Piedicorte di Caggio

Remonter

Aiti - Au milieu d'une dense végétation où l'arbousier la commune vous tend gracieusement ses fruits..
Altiani - Une poignée d'habitants a décidé de s'unir pour imprimer une nouvelle dynamique à leur village.
Bustanico - Un havre de paix délaissé par les itinéraires touristique
Campile - Toute une série de réalisations témoigne de l'élan retrouvé d'une commune décidée à rattraper le temps perdu.
Castellare-di-Mercuriu - Agréable village avec beaucoup de caractère dans un environnement sauvage.
Castifau - Le couvent de Caccia, véritable lieu de mémoire.
Castiglione - Castiglione retrouve ses aiguilles..

Erbajolo - Une situation géographique qui donne à la commune une vocation de carrefour.

Moïta - Le village s'ouvre sur l'art et le tourisme.
Muro - Cette commune au riche patrimoine a fait de la réhabilitation du bâti ancien son véritable credo.
Piedicorte di Caggio - De cinq cents habitants à cent trente, il y une sacrée différence.
Pietraserena - Visite inaugurale des appartements communaux réalisés dans l'ancien presbytère.
Riventosa - Les objectifs de la municipalité.
Rusio - Il fait bon se reposer à l'ombre des tilleuls ou de ta vigne grimpante, est également réputé pour sa farine de châtaigne.
Soveria - Une deuxième jeunesse.
Tralonca - L'âme du centre Corse.

Sant'Andria - Attirer de nouveaux habitants par le confort et la qualité de vie.

Santa Lucia di Mercoriu - La commune met tous les atouts de son côté pour se revivifier.
Zalana - Réunion du conseil d'administration de l'association pour la sauvegarde des deux églises.
Zuani - Fondé en 771 par des habitants de Rome fuyant les assauts des Lombards sur l'antique cité.
 
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- Maire: François CORAZZINI - Code postal 20251 - Canton de Bustanico - Population 127 habitants - Superficie 2726 hectares - Altitude 740 mètres -
Avec une centaine d'habitants, le village de Pedicorti-di-Gaggiu est situé à trente kilomètres de Corte, au cœur de la pieve de Rogna. Étendue entre la vallée du Tavignanu, la RN 200 et les crêtes, Piedicorti compte deux principaux lieux de vie : le village et le hameau du Pont de Piedicorte sur la nationale. Pour conserver sa population, la commune s'est beaucoup battue dernièrement pour conserver sa brigade de gendarmerie que les autorités envisageaient de supprimer. Une brigade qui permet au village de garder son bureau de poste et son école, l'une des deux structures scolaires de tout le canton de Bustanicu, avec San Lorenzo. La commune possède une église paroissiale notre dame de l'Assomption  du 19ème siècle classée monument historique avec une façade baroque, un magnifique clocher à 4 étages (masques humains, linteau décoré), sept autels ornés de toiles anciennes dont une Descente de Croix, et une statue en bois de saint Antoine. La fête communale est le 15 Août et patronale 20 Janvier.
- Le village se situe sur un promontoire à environ 730 m d’altitude au pied du Monte Gaggio.
 - http://site.voila.fr/piedicorte
 - http://www.piedicorte.fr/
 - http://mairie.piedicorte.site.voila.fr/
 
http://www.piedicortipaesevivu.fr
PAESE VIVU est une association pour la protection de l’environnement, la valorisation et le développement du patrimoine lié aux activités économiques, sociales et culturelles du territoire de Piedicorte-Di-Gaggio et de ses communes voisines.

- Novembre 2008 - Piedicorte-di-Gaggio mise sur le repeuplement  (Corse Matin. Laure Filippi)
De cinq cents habitants à cent trente, il y une sacrée différence: c'est celle que connait, comme beaucoup de villages en Corse, la population de Piedicorte-di-Gaggio à la fin de l'été. Pourtant, ses nombreux atouts, conjugués à une réelle volonté politique, pourraient bien permettre à la commune de miser sur une inversion de la tendance. "Depuis environ quatre ans, au moins six familles se sont installées au village à l'année, ce qui prouve que la désertification rurale n'est pas une fatalité", constate le maire, François Corazzini. Il faut dire que, même si les derniers commerces ont fermé il y a déjà une quinzaine d'années, l'école, la poste, les deux bars, le restaurant U Fugone ou la gendarmerie contribuent au maintien d'un certain nombre de résidents. La proximité avec Corte, à une demie heure de route, incite également certains à s'y installer. De l'avis général, des travaux de voirie pour réduire encore ce temps de trajet attireraient sans doute de nouveaux habitants, tant Piedicorte est un village qui plait.
 Surplombant la vallée du Tavignano de haut de ses 750 mètres d'altitude, au pied du Monte Gaggio, sa situation géographique exceptionnelle, alliée à un riche patrimoine historique et architectural, concourt sûrement à le rendre si attrayant. Et explique aussi, pour une part, qu'il ait été distingué comme l'un des "plus beaux villages de Corse" par le magazine Géo, un compliment que les piédicortais se remémorent avec plaisir. Pas question pour autant de se reposer sur ces lauriers. Outre les nombreuses associations qui animent le village, l'équipe municipale tâche d'instaurer une véritable dynamique, qui passe notamment par la création de nouveaux logements.
 Après les trois appartements obtenus grâce à la réfection de la maison A Tuvulaccia, la mairie prépare un projet de lotissement sur quatre parcelles, en contrebas du village. "Le permis de lotir devrait être déposé au cours du premier semestre 2008, le délai de construction étant encore à déterminer. Il est toutefois certain que ce projet répondra à une exigence d'intégration au paysage", explique l'architecte Antoine Leonetti.
 Si plusieurs personnes se montrent déjà intéressées par ces futures habitations, gageons donc que Piedicorte met bien toutes les chances de son côté dans le difficile combat contre la désertification.
La voie associative: Piedicorte dispose d'un réseau associatif plutôt dense, qui témoigne d'une forte volonté d'union en faveur d'un village vivant. Pas moins de six associations apportent leur contribution à cette entreprise: le club du troisième âge San Sebastianu, le comité des orgues, la Diane piédicortaise, la Jeunesse sportive piédicortaise, le comité des fêtes et, la dernière en date, Piedicorti paese vivu. Créée en 2006, cette association oeuvre pour la protection du patrimoine et de l'environnement. Une de ses premières réalisations concerne la réhabilitation des oliveraies présentes sur la commune. Le lien avec le village est également assuré grâce au site internet réalisé par l'adjoint au maire Gérald Lamonzie. l'on y retrouve l'histoire et les actualités de Piedicorte, ainsi que les liens vers les associations.

- Novembre 2006 - Une lueur d'espoir à Piedicorte di Gaggio (Corse Matin. Etienne Jacquemin)
Dans les villages de l'intérieur, il n'y a pas que le pessimisme qui domine. Des communes, autrefois gros bourgs mais aujourd'hui démographiquement modeste, reprennent espoir. C'est le cas à Piedicorte di Gaggio et le maire M. François Corazzini explique les raisons qui lui permettent de reprendre espoir : "Depuis quelque temps, affirme-t-il, on assiste au retour de nos concitoyens qui font l'effort de restaurer les maisons familiales ou de construire une résidence. Des familles nouvelles se sont installées. Ce sont des signes qui ne trompent pas et qui redonnent confiance en l'avenir." Au cœur de la Pieve di Rogna, les cent trente habitants vivant ici l'hiver (ils passent à 500 en période estivale) sont regroupés autour de l'église de notre dame de l'Assomption du XIXè siècle à la façade baroque et son clocher à 4 étages.
Au coeur de la Pieve de Rogna Piedicorte a des ambitions de repeuplement du village. (Photo Gérard Batduchi) Le retour de la vie à Piedicorte tient à trois éléments: "la présence de l'école, l'une des deux seules du canton avec celle de San Lorenzo. 17 élèves y sont inscrits. Celte présence permet à notre village de connaître une certaine dynamique qui profite également aux villages des environs car la possibilité de scolariser les enfants incite les familles à s'installer ici. La présence de la gendarmerie nationale mais aussi celle de la Poste sont deux atouts supplémentaires porteurs d'activités et de vie auxquels il faut associer l'activité de deux bars et d'un restaurant et un camping." La commune va donc accompagner cette évolution en réalisant une série d'actions prioritaires. Ainsi, pour éviter les déplacements répétés des écoliers, une cantine scolaire va ouvrir ses portes au sein de l'établissement "U Fucone" dans les prochains jours. Des demandes de construction ayant été formulées, la municipalité a pris la décision de créer un lotissement proche du village. À proximité, un stade de football voit le jour avec le concours de la Jeunesse sportive Piedicortaise, propriétaire du terrain jouxtant le court de tennis. Déjà bien avancés, les travaux de remise en état de toutes les ruelles seront poursuivis. D'autres projets sont envisagés : la restauration de l'église paroissiale, la réalisation d'un cimetière communal... Seule préoccupation du premier magistrat de la commune comme ceux de la majorité des maires des villages des environs, "l'état précaire du réseau routier": « Un effort important doit être fait pour nos villages qui sont situés à 20 km de Corte et d Aléria. Des travaux sont nécessaires sur les cinq kilomètres reliant Altiani à Pïedicorte ainsi que sur le tronçon reliant Pancheraccia à Corsigliese. Il est certain qu'une arnélioration du réseau routier est déterminante pour désenclaver tous nos villages.

François Corazzini maire de Piedicorte. (Photo Mario Grazi)Sivom : maires décidés et solidaires. Président du Sivom de Rogna qui regroupe les communes de Foccicchia, Erbajolo, Altiani, Pietraserena, Pancheraccia et Giuncaggio, le maire François Corazzini estime que plutôt qu'une intercommunalité subie, il préfère une entente entre maires de la région pour défendre les intérêts communs. "C'est le cas, dit-il, dans notre région. Quelle que soit notre opinion politique nous sommes tous unis pour réagir lorsque l'on met en danger la survie de l'un des atouts de nos villages. Lorsqu'il a fallu se battre pour le maintien de la gendarmerie, que les autorités envisageaient de supprimer, tout le monde s'est rangé dans le même camp pour exiger son maintien. Ce fut également le cas lorsque notre Poste a été menacée de fermeture. Nous avons protesté énergiquement et nous le ferons encore si la menace persiste. En définitive, notre souci majeur est de préserver la vie dans nos villages, ainsi que celle de notre école car nous savons bien que si celle-ci ferme nos efforts pour maintenir la vie à Piedicorte comme dans les proches localités auront été vains. Nous serons alors obligés comme d'autres communes de subir la dure réa- lité de la désertification. Nous sommes tout à fait déterminés à nous battre toutes les fois que l'on touchera à tout ce qui peut mettre en péril l'avenir de nos villages."


- Septembre 2003 - 22 Septembre 1943 Le jour où Piedicorte fut bombardé (La Corse. Noël Kruslin)
Seul village de l'île a avoir été la cible de l'aviation allemande, il s'apprête à commémorer ce 60e anniversaire. L'émotion étreint encore les voix a l'évocation des instants les plus terribles de l'histoire de la petite communauté.

Une vingtaine de minutes tout au plus -
 Ceux qui au village sont encore là pour apporter leur témoignage semblent unanimes sur la durée d'une agression venue du ciel qui endeuilla à jamais la commune de Pedicorti di Gaggiu ce 22 septembre 1943. Ils étaient des enfants, des adolescents ou de jeunes adultes. L'ltalie venait tout juste de signer l'armistice avec les alliés, la Corse s'apprêtait à entrer dans l'histoire en devenant le premier département français libéré. Entre ces deux dates heureuses et annonciatrices d'un apaisement tant attendu, le village perché sur les hauteurs de la vallée du Golu a malheureusement vécu son «Pearl Harbor».
"Ce fut la panique!" -
«So Americani»! Charles Vittori avait 19 ans, il entend encore ces mots. Les premières réactions plutôt rassurantes de la population à l'écoute du bruit des moteurs et à la vue des appareils en approche. La suite allait pourtant plonger Pedicorti dans le chaos. Au nombre de cinq, ces avions étaient des chasseurs allemands manifestant très vite leurs intentions de prendre Pedicorti pour cible. «J'avais 18 ans à l'époque, raconte Marius Vittori, et je revois encore le mouvement de ces avions. lis ont fait une première rotation. Sans doute une reconnaissance avant de revenir en piqué sur le village pour larguer leurs bombes. J'ai entendu un insupportable sifflement, un énorme fracas avant le dégage- ment d'une fumée noire. Quand c'est arrivé, nous étions une vingtaine à prendre l'air dans la rue en jouant à « china ». Ce fut la panique, les gens couraient dans tous les sens».
Le village frappé en plein cœur -
Comme pour terminer leur sinistre besogne, les appareils allemands firent mouvement une troisième fois sur Pedicorti «arrosé» cette fois par la mitraille après avoir essuyé une véritable tempête de feu. «Les cinq avions se sont présentés alignés pour frapper le village, précise Marius, c'est la rai- son pour laquelle trois bombes sont tombées assez loin, dans la châtaigneraie et près du couvent». Mais deux chasseurs touchèrent Pedicorti en plein cœur. Une gigantesque explosion fit voler en éclat un ensemble de maisons où se trouvait une boucherie. On y abattait des bêtes devant un attroupement de curieux dont un groupe d'enfants. «J'étais parmi eux, se souvient François Corazzini, aujourd'hui maire de la commune, tout juste âgé de huit ans à l'époque. Mais peu avant l'attaque, une camionnette a traversé le village. Des véhicules, il en passait très peu en ce temps-là, c'était un petit événement. Tous les enfants dont j'étais, ont couru derrière cette camionnette qui nous a sauvés car dans les instants qui ont suivi, la bombe tombait sur la boucherie».
Tous contre l'oubli - Après ces effroyables minutes, Pedicorti retrouva ses esprits pour constater l'étendue du malheur : de la poussière, des gravats et des victimes. Tuées sur le coup ou décédées peu après des suites de leurs graves blessures, neuf personnes trouvèrent la mort. La petite communauté paya un lourd tribut à la guerre, bien au-delà ses enfants emportés sur le front. Six décennies après le sang versé, les larmes coulent encore à l'évocation de l'horreur constatée après l'agression aérienne. « Jamais je n'oublierai ce que j'ai vu, soupire Charles Vittori. C'était insoutenable. Ces avions n'étaient finalement pas américains comme le prétendaient certains avant le bombardement. A cet instant, je pense que personne ne réalisait ce qui était en train de nous arriver ».
Toussaint Mayali, 18 ans à l'époque, et Michel Magnavacca, 12 ans, étaient présents eux aussi. L'un récoltait du raisin à l'extérieur du village, l'autre était devant le bar de son père. ils revoient les chasseurs frôler les toits, ils entendent encore l'impact du mitraillage sur les façades. Comme bien d'autres. lis sont une vingtaine à pouvoir témoigner aujourd'hui encore sur cette journée de sinistre mémoire.
Une mémoire que les Piedicortais veulent malgré tout entretenir, pour les neufs victimes, et pour que cette tragédie ne tombe pas dans l'oubli. « Il y a dix ans, quand la Corse a fêté le cinquantenaire de sa libération, le bombardement de notre village a été complètement passé sous silence », rappelle un Piedicortais dont le père fut tué ce 22 septembre 1943.
Un souvenir impérissable - Pourquoi l'aviation allemande avait-elle décidé, ce jour-là de frapper une communauté civile sans défense, et de cibler tout particulièrement la commune de la Rogna? A Pedicorti, les choses sont très claires sur ce point. « La région était un nid de résistants à l'époque», affirme François Corazzini qui entend tout mettre en œuvre, avec son conseil municipal, pour que le devoir de mémoire soit rétabli à l'occasion du soixantième anniversaire de ce jour où tout bascula.
Ils préféreraient être soulagés. D'une indélébile meurtrissure, des images les plus dures, si ce n'était pour passer le témoin aux nouvelles générations inévitablement décalées par rapport à l'histoire lointaine. «En ce temps-là, rappelle Vincent Mayali, le souvenir de la première guerre mondiale ne représentait plus grand-chose pour les jeunes que nous étions. Comment voulez-vous que les enfants de Pedicorti aujourd'hui, réagissent sur ce qui s'est passé il y a soixante ans?»
Marius, Charles, Toussaint, Michel, François, Ange ne veulent pas voir s'éteindre la flamme d'un souvenir qui se veut impérissable. Celui de neuf innocents.

Jacques Luccioni a évité le pire "J'ai sauvé ma mère par miracle" -
En ce temps-là, il avait 19 ans, et à Piedicorti, il travaillait la terre. «Nous faisions ce que nous pouvions pour vivre dans un contexte très difficile», rappelle celui qui, au-delà du drame vécu par la communauté, faillit bien perdre ceux qui lui étaient le plus chers.
S'étant occasionné une blessure à la jambe en vaquant à ses occupations quotidiennes, Jacques Luccioni s'accordait une journée de repos, suivant ainsi les conseils de son médecin. «Je terminais une petite sieste au début de cet après-midi du 22 septembre 1943. Le bruit des avions m'a attiré au dehors où je me suis retrouvé en compagnie d'un groupe de personnes également alertée par l'agitation». Sur place, Georges Luciani, un ancien combattant, avait très vite compris ce qui allait arriver. Il a crié : «mettez-vous à l'abri». Dans les minutes qui suivent, alors que le village vient d'être touché par les avions de chasse allemands, Jacques se précipite chez lui où se trouvent sa mère, alitée, et sa tante. La maison n'a malheureusement pas été épargnée. «Ma tante qui se tenait à la fenêtre était saine et sauve, bien que très choquée par ce qui venait de se produire. Le pan de mur sous lequel elle se trouvait était intact, c'est sûrement ce qui l'a sauvée». Mais Jacques Luccioni est inquiet. Autour de lui, les gravats s'amoncellent, il ne voit plus sa mère. «Je l'ai appelée, elle m'a répondu tout de suite. Je me suis mis à déblayer tout ce que je pouvais, jusqu'à la retrouver. Une planche tombée sur le rebord de son lit lui avait finalement protégé la tête, lui évitant le pire, même si ses blessures étaient assez sérieuses».
Jacques Luccioni a immédiatement transporté sa mère à Corte pour que les premiers soins lui soient prodigués. « Voilà comment j'ai pu la sauver », raconte-t-il, ému aujourd'hui encore par un tel miracle dans des circonstances aussi terribles. « Ensuite, je suis retourné sur place pour donner un coup de main. J'ai vu les cadavres... Je me suis rendu aussi utile que j'ai pu. Et dire que mon frère m'avait remplacé ce jour-là au travail. Il était assez loin, il n'a pas assisté au drame ».
Jacques Luccioni n'a rien oublié. Le ton mesuré de son discours ne laisse aucune place au récit épique. Seul, le témoignage s'impose.

- Avril 2003 - La population considère que sa survie en dépend - Pourquoi Piedicorte veut garder sa gendarmerie? (La Corse. Noël Kruslin)
Piedicorte fait plus que jamais prévaloir la logique du château de carte : « la suppression de la brigade, c'est la mort programmée de notre commune », insiste le maire, François Corazzini, aujourd'hui rassuré par une décision officielle du ministère de l'intérieur communiquée le 19 mars dernier. Celle-ci mettait définitivement un terme à une menace qui pesait depuis le mois de décembre 2002. On évoquait alors un redéploiement des services de gendarmerie dont Piedicorte risquait de faire les frais. L'inquiétude a gagné le conseil municipal, la population, et l'ensemble de la micro-région. Malgré sa petite taille et son effectif qui se limite à cinq éléments, la brigade de Piedicorte-di-Caggio est considérée comme la pierre angulaire d'une lutte toujours difficile contre la désertification de l'intérieur.
Comment cette minuscule présence policière peut-elle conditionner la survie d'une commune qui compte une centaine d'habitants l'hiver? Un tour du propriétaire en compagnie des élus a éclairé notre lanterne.
Pour garder l'école
Exerçant une compétence territoriale sur une zone étendue entre la plaine de Pancheraccia et les plus proches environs du cortenais, la brigade de Piedicorte est appelée à intervenir sur plusieurs communes de l'intérieur. La population y voit déjà un signe de sécurité. «C'est une présence militaire qui rassure les gens, observe le maire, en particulier la personne âgée qui tient à demeurer dans son village. En outre, même si le téléphone portable est dans presque toutes les poches aujourd'hui, la brigade a longtemps été le seul point de liaison radio l'hiver en cas d'urgence». Le service de gendarmerie est donc perçu comme un véritable outil de revitalisation de l'intérieur, du moins le moyen de maintenir la vie. Mais l'importance de la brigade est considérée bien au-delà de ses missions de police et de sécurité. Les habitants de Piedicorte sont unanimes: «en gardant la gendarmerie, on garde un service public et en premier lieu l'école».
Avec celle de San Lorenzo qui se situe à l'extrémité nord, Piedicorte accueille l'une des deux seules écoles du canton. Quinze élèves y sont inscrits, des enfants du village et de toutes les autres communes de la pieve de Rogna. « Cinq élèves sont les enfants des gendarmes, confie Jean-Toussaint Mayali, adjoint au maire. Autant dire que s'ils n'étaient pas là, nous aurions des difficultés à conserver l'école ».
L'intérêt d'une micro-région - Également président du syndicat intercommunal de la Rogna, François Corazzini estime que la présence de la brigade offre un intérêt qui dépasse le seul cadre de sa commune : «Certaines familles continuent à vivre dans les villages environnants parce qu'ils ont la possibilité de scolariser leurs enfants chez nous. Nous pouvons même affirmer que l'école décide les jeunes à revenir ou à se fixer dans la région, même en travaillant à Corte. Au cours de ces dix dernières années, nous avons vu une vingtaine de maisons se construire à Piedicorte. Les demandes de permis de construire sont de plus en plus nombreuses, nous avons d'ailleurs pris la décision de viabiliser un terrain communal».
Avançant bien des arguments, les élus considèrent par ailleurs que cette tendance contribue également à conserver un bureau de poste sur la commune, deux bars et un restaurant ouverts même au creux de l'hiver, ainsi que deux entreprises de maçonnerie.
"Les autorités ont compris" - Après l'angoisse, l'heure est au soulagement, mais la population a encore du mal à comprendre ce qui a pu motiver ces velléités de suppression. « Lorsque le projet est revenu à l'ordre du jour au mois de décembre dernier, rappelle Gérald Lamonzie, adjoint au maire, on nous disait que la brigade de Piedicorte était la plus petite du département, et que la proximité d'Aléria ne justifiait plus une présence chez nous. Je regrette, mais certaines brigades sont à dix minutes les unes des autres, et personne n'a jamais parlé de les supprimer ».
D'un naturel optimiste, François Corazzini assure avoir toujours gardé confiance. « Je pense que les autorités ont compris que la présence d'une brigade de gendarmerie n'a rien d'insignifiant chez nous. Notre politique d'investissement a toujours été liée à cette présence, et nous entendons bien continuer ».
Situé à trente kilomètres de Corte et autant de la plaine orientale, Piedicorte aspire désormais à oublier ces quelques mois de tracas pour ne plus penser qu'à l'avenir. Notamment à une nouvelle étape dans l'amélioration du réseau routier pour nourrir de nouveaux espoirs.

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